Gastineau Massamba 

" Mandola... "

Vernissage le 19 Novembre 2021 

Du 17 Novembre 2021 au 29 Janvier 2022 


La galerie est heureuse de présenter la première exposition personnelle de Gastineau Massamba  "Mandola..."

Pour cette nouvelle exposition, l’artiste revient à la peinture considérant qu’il a épuisé le medium « fil »,afin de dégager une nouvelle énergie moins figée ; Être dans le mouvement précise-t-il. Je ne suis pasdécorateur, je témoigne de mon époque, sans masque, je travaille sur les corps.

L’usage de l’acrylique et du pastel lui permet de retrouver l’énergie susceptible de saisir au plus vif lesfigures qu’il peint sans dessin préalable. Le peintre fait fi de toute narration et de décoration, il va àl’essentiel et attaque directement le motif sans préparer la toile. En bon dramaturge, l’artiste peint auplus profond de la chair. L’importance de la réserve dans cette peinture sur fond noir contribue à isoler lespersonnages. Un ascétisme qui confère à ses toiles un décorum quasi nul et qui n’est pas sans évoquer ledépouillement du théâtre de Beckett. D’ailleurs ne pourrait-on pas dire qu’il dresse des figuresindomptables au moment où elles représentent l’effroi ? L’omniprésence du cri participerait d’une formed’acte de résistance dont le philosophe Gilles Deleuze attribuait à l’art, la seule fonction édifiante dans unmonde privé de transcendance ? N’est-ce pas cette aptitude à « tenir bon » au milieu du monde et dessituations les plus inhumaines dont l’artiste témoigne à sa manière.

Il nous montre le sort de ces êtres humains fuyant les violences politiques, sans sécurité économique nisociale, se déplaçant et migrant à la recherche de meilleures conditions de vie. C’est la force de cettepeinture de pouvoir rendre visible le cri silencieux et de nous faire entendre notre propre surdité à lasouffrance d’autrui.

Pourtant l’art de Gastineau Massamba n’a rien d’une oraison funèbre. Un subtil mélanged'expressionnisme et de maniérisme traverse cette peinture dont la vitalité permet de concilier l’âpretéthématique à la jubilation de la touche. La peinture est une fête malgré les drames qui peuvent s’y jouer.Contrairement à une tradition picturale qui fait descendre la lumière du ciel, l’éclairage semble provenirdes tréfonds de la terre. Lumière d’outre-tombe ? Elle semble monter du sol comme pour mieuxtémoigner de ce rapport si fécond qui nous lie à la nature.

Né au Congo en 1973, Gastineau Massamba est très tôt initié par son père professeur à l’école des Beaux-Arts de Brazzaville puis poursuit son cursus au centre d’art de la Tsiémé à Talangai dirigé par Rémy MongoEtsion. Il expérimente de nombreux médiums, performances, sculptures, poésies. A l’instar de ses travauxautour de la couture sur toile qui l’ont fait connaitre internationalement, il revient ici à la peinture et audessin avec un ensemble de tableaux empreints de l’ambiance intime de son atelier de Montreuil.

L’art c’est le baromètre du monde ajoute-t-il, et moi je travaille sur les corps. 

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