Dans son dernier livre, Planet B - Le sublime et la crise climatique, Nicolas Bourriauddécrit l’artiste Roberto Cabot comme un disséminateur de spores d’art. L’histoireancienne et l’avenir se retrouvent dans un même bocal de culture de laboratoire,les peintures de Cabot semblent nous proposer un futur où le temps du vivant etcelui de la culture humaine sont indissociables. Selon le critique français, “lesœuvres récentes de Roberto Cabot, dont les figures semblent dériver dans l’océande l’histoire de l’art, se confrontent à Bosch ou à Patinir, peintres de ladissémination et du détail: il se positionne désormais comme ‘artiste champignon’qui essaimerait dans ses tableaux des ‘spores’ de la modernité picturale et desfragments d’histoire de l’art”. L’œuvre de Roberto Cabot se développe depuis sesdébuts dans le cadre d’une critique profonde de ce que fût la Modernité tout en enmettant en perspective un devenir historique. Dans ses peintures, Cabot évoluedans une esthétique précédant le Moderne, mais utilise aussi des moyens formelsvenant de ce même Moderne. On retrouve effectivement des réminiscences deBosch, ou de Ernst Haeckel, et aussi des influences d’images scientifiques, soitmicroscopiques, soit à l’échelle des galaxies. Cabot cultive un univers où le passé etl’avenir se rencontrent dans un milieu autant aquatique que spatial, avec descréatures vivantes qui habitent et structurent le chaos aléatoire du monde qui lesentoure. Il nous dit clairement qu’il n’y a que la vie et son devenir qui donnent dusens au monde. 

Roberto Cabot


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