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25.01.2018 - 17.03.2018

Ferdinand Kokou Makouvia | Group show | Galerie 

Group show
Vues d'exposition

Qu’est-ce que la matière? Quelle relation tisse-t-elle avec l’humain?

Des coups et des noeuds


« Des morceaux de fer passent dans la forge. A la sortie, ils sont rouges et deviennent malléables. Je saisis rapidement l’occasion pour procéder à leur transformation par des coups de marteaux... Je m’amuse avec le feu. Il y a du bruit, il y a du poids, il y a de la chaleur... Je m’amuse à compter les coups de marteaux. Et je m’amuse à « écrire» à partir de ces formes l’alphabet d’une langue imaginaire. »


Akossiwa, Caution deux-bandes


« Entre le trou et la bille de bois, entre le vide et le plein, s’installe une communication qui s’opère par le biais de la structure en cuivre donnant l’idée d’une coulure en continu, d’une substance solidement liquide. S’agira-t-il d’eau cristallisée, solidifiée ou arrêtée par le temps, rendant impossible tout accès?  En effet, c’est l’une des formes que je m’amusais à réaliser, enfant, avec des feuilles de papier en partant de simples pliages et découpes aux ciseaux. Alors, mon exercice consisterait-il donc,  à partir de ces manipulations infantiles de la matière, à obtenir une forme sculpturale plus complexe. Et si le matériau «feuille de papier» avait dû grandir autant que moi, que serait-il devenu aujourd’hui? Des rouleaux de cuivre sont pris dans des formes occasionnées par les mêmes gestes de l’enfance. Ces formes, déformées de manière monumentale, en opposition à la forme miniature en papier, subiront plusieurs actions telles que : la torsion, la tension, l’étirement, le découpage, la pression. » 


 Monstonson, Laboratoire XXVI


« Dans ma pratique l’élément en tant que matière m’interpelle. En effet, je prends deux ou plusieurs matières d’essences différentes (comme le bois et le caoutchouc par exemple), je procède ensuite par des expérimentations en donnant forme à l’ensemble quelles forment. Elles cohabitent, elles se rejettent, elles s’épousent et elles fusionnent. Dans cet état de réaction permanente des matières, la forme créée passe de l’état objet à l’état sujet. Elle respire, se meut, vie et communique. Elle existe désormais et questionne l’humain sur les notions de son existence dans le temps et l’espace. »


 Paysages


Des toiles, d’apparence abstraites, révèlent des lignes dont le tracé régulier, ou non, projette une cartographie marquée par  des duels entre le creux, le vide et le plein, l’entrant et le sortant. Pour ces tableaux, qui sont en réalité des « sculptures planes », Ferdinand  fait appel à des souvenirs sensoriels, intimes : il utilise le sable qui lui rappelle celui de son enfance, lorsqu’il jouait au football, pieds nus sur la plage, à Lomé. L’encre de chine intervient comme métaphore de l’écrit et du pérenne. Elle apporte un peu de profondeur, de sens, comme un fil d’Ariane, un trait de mémoire ou un chemin traversant ces cartes de territoires imaginaires. Nouveaux continents, nouvelles vies, mélange de l’ancien et du nouveau, mélange de matériaux naturels et de matériaux chimiques, le sable se mêle au néoprène, le sain au toxique. Les toiles sont les supports d’expériences, de rencontres des substances et des matériaux. L’artiste perd le contrôle, la matière réagit et continue à travailler toute seule.


Ferdinand Makouvia est un artiste né en 1989 à Lomé, au Togo. Il arrive en France en 2014  et intègre l’Ecole des Beaux Arts de Valenciennes puis de Paris. Révélation Arts Plastiques 2017 du 62ème Salon de Montrouge, il est lauréat de la deuxième édition du prix d'art contemporain  Juvenars -IESA, Lauréat des Prix 'Dauphine pour l’Art Contemporain' et des 'Amis des Beaux-Arts Aurige Finance'.


Il vit et travaille à Paris.


*Crédit Photo Adrien Thibault

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